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Périodiquement, un peu partout en France, sont menées des campagnes de lutte chimique contre les campagnols avec recours à des appâts empoisonnés à la bromadiolone.

La bromadiolone est une substance très toxique, même à faibles doses, qui provoque chez les mammifères et les oiseaux des hémorragies mortelles.

L'ECHA (Agence européenne des produits chimiques, organisme officiel européen chargé d'évaluer les risques associés aux substances chimiques) a classé la bromadiolone comme suit :

Icone rouge  toxicité aiguë : mortelle par ingestion, contact cutané ou inhalation

Icone rouge   toxicité chronique : risque avéré d'effets graves sur la coagulation en cas d'exposition répétée

Icone rouge   toxicité environnementale : très toxique pour les organismes aquatiques avec effets persistants à long-terme.

Difficile de faire pire !
Et pas étonnant que les campagnes de lutte chimique avec la bromadiolone s'accompagnent d'une mortalité importante chez les rapaces et les mammifères.

Ce qui est plus surprenant en revanche, c'est qu'une substance potentiellement aussi dangereuse ne soit pas interdite.

L'interdiction de la bromadiolone a pourtant été maintes fois annoncée ... puis reportée devant la pression des lobbies agricoles et chimiques.
Finalement, en 2014, un compromis a été trouvé avec un arrêté règlementant l'utilisation de la bromadiolone dans la lutte contre les campagnols.

Cet arrêté encadre les modalités d'utilisation des appâts empoisonnés à la bromadiolone et rappelle que la lutte chimique ne peut être autorisée qu'en complément de mesures agro-environnementales, et notamment une optimisation de la régulation naturelle par les prédateurs.

Malheureusement, les services préfectoraux montrent peu de zèle pour faire appliquer la règlementation si bien que, sur le terrain, la mise en oeuvre des mesures agro-environementales reste le plus souvent un voeu pieux.

En particulier, les renards, pourtant gros consommateurs de campagnols, continuent à être persécutés avec acharnement sur les communes mêmes où des campagnes de lutte chimique sont menées.

Force est donc de constater que les pouvoirs publics préfèrent acheter la paix avec les lobbies des chasseurs et des agriculteurs plutôt que de veiller à la qualité de notre environnement.
C'est donc aux citoyens de se mobiliser, avec les associations de protection de la nature, pour exiger que ce scandale cesse et que la bromadiolone soit interdite, ou au minimum que l'arrêté de 2014 soit correctement appliqué.

Dernière mise à jour le 23/06/2016